Citation de Elisabeth Bibeso (1897-1945), extraite de Le Sapin et le Palmier
(cliquez sur les photos pour les agrandir un peu)
Une énième insomnie me donne l'occasion de sortir de mon lit pour vous donner le premier compte-rendu Made in Japan... et Dieu sait qu'il est touffu...
Par une belle après-midi de début d'automne, je me trouvais ainsi dans un terminal d'aéroport avec la quasi-moitié de mon poids sur le dos, après quelques tribulations avec la seuneuceufeu dont les trains n'ont pas toujours une longueur d'avance, non non non (mais je vous épargnerai mon avis sur ce "service public"). Guettant d'un oeil les militaires à la mine patibulaire et au gros fusil qui n'ont sans doute pas trouvé d'endroit plus sympa pour faire leur promenade digestive, je me dirigeai vers le coin de la Japan Airlines et méditai sur le pourcentage toujours croissant de faux sacs Prada et de vrais appareils photo Nikon, c'est-à-dire sur le taux anormalement élevé de Japonais qui, comme ce fut confirmé plus tard, ne devrait pas décroître jusqu'à mon arrivée à Okinawa. Je me demandai aussi si l'avion allait s'abîmer sur le chemin, et pourquoi donc on disait "s'abîmer" pour le crash d'un fer à repasser géant (c'est un peu comme si j'égratignais mon hamster en le plongeant tête la première dans un mixer en marche). Ah, et je me demandai pourquoi je me faisais toujours avoir par les panneaux "Borne Wi-Fi" qui cachent toujours des procédés ignobles du genre "6€ les trente minutes pour soulager tes envies de geek" (c'est comme les toilettes payantes au Mont-Saint-Michel ou dans les gares ! honteux !). Je comprends un peu mieux les fumeurs qui prennent l'avion maintenant. (Mais non j'ai pas essayé de trouver un réseau non-sécurisé dans les toilettes de l'avion, ce que vous êtes bêtas !)
Pour rappel, Okinawa c'est là :

On dirait le sud ? Voilà, vous avez pigé. (et oui le temps dure longtemps quand on jetlag). Donc plage, cocotier, mini-kini, mini-cul-nu et tout le reste (maintenant que tout le monde m'envie à mort, ça me lasse presque de me vanter).
On pourrait penser que ça ferait des valises moins lourdes, faute de vêtements chauds... mais... non. Ma mère a quand même réussi l'exploit de fourguer dans mes affaires deux anti-moustiques, deux boîtes de pilule anti-soleil, deux flacons de crème solaire, et trois flacons pour calmer les coups de soleil, dont un spécial pour les brûlures au deuxième degré. Pessimisme ou prévoyance sur ce dernier point ? Difficile à dire. Toujours est-il que le délestage vestimentaire était largement compensé par la charge des lotions en tout genre et par le poids de l'appréhension maternelle sur mes fragiles épaules.
Le temps de vol jusqu'à Nagoya était de douze heures, mais à côté du hublot, j'allais pouvoir assister à l'une des nuits les plus courtes de mon existence.
Après "tu va ns ramenné 1 japonèz lolilol.", le deuxième encouragement qui revenait le plus souvent était "yora d joli autèss danl avion lolilol". (non en fait j'ai pas que des amis qui font "lolilol", j'ai aussi une grand-mère, mais ça revient au même !) Eh bien non. Elles étaient soit trop vieilles, soit trop testostéroneuses (et anglaises, par la même occasion, dont un steward blond polyglotte qui draguait une équipe de volleyeuses espagnoles dans leur langue maternelle mais qui me servait du "ikaga desu ka"... moi je dis y'a délit de sale gueule, je veux qu'on me parle français même si je m'appelle pas Maria et que j'ai pas de beaux mollets >__<). L'arnaque, quoi. Mais il y avait des avantages substantiels.
Je passe sur l'écran individuel, vous me détestez déjà assez comme ça. Ah, non, je dois signaler que Sex and the city est beaucoup moins drôle en chinois qu'en anglais (c'est scandaleux !) et qu'Indiana Jones accuse toujours autant ses soixante balais en russe.
Passons aux choses sérieuses et à la réelle justification d'un prix si honteusement élevé (à part le kérosène et les prostituées de luxe du patron) : la bouffe !
C'est Japan Airlines, alors c'est japonais. D'où la bouteille de gros rouge et le camembert, comme vous pouvez le constater :

Et j'imagine que les crackers c'était pour le steward anglais blond malpoli au nez grotesque (oui il m'a vraiment pas plu avec ses "ikaga desu kaaa ?")
Le reste était trop inconsistant et/où inidentifiable pour valoir la peine d'être décrit.
Avec mes voisins japonais, j'ai appris quelque chose de très important. Quand vous voulez expliquer à un Japonais que vous habitez pas à Paris, il faut dire que vous habitez pas loin du Mont-Saint-Michel. Ça impressionne forcément. Et même quand ils savent pas où c'est (ah là là...), ça les impressionne quand même. (si je veux être plus précis, dans mon cas, je dis parfois "Cherbourg, c'est la ville qu'on voit au début de Titanic", ça marche presque mieux !)
Dans la nuit, entre deux gargouillements de gorge nippons ou pépiements hispaniques, j'eus du mal à m'endormir. Je me demandai combien de gens dans l'appareil laissait autant de choses que moi derrière eux, et pour si longtemps. Pendant quelques temps j'oubliai l'illusion d'internet qui me fait croire en ce moment même et comme toutes les nuits que, bof, le Japon, toutes les régions de France, le Québec même ou tout le reste, le monde entier n'est qu'à quelques kilo-octets de moi.
Il n'est rien de plus solitaire qu'un voyage en avion.
L'air artificiel de la cabine m'étouffait, tandis que je me lovais difficilement dans une mauvaise couverture, comme dans une bulle de souvenirs rapiécés. Et le nez contre le hublot gelé, j'attendais la fin de cette si courte nuit.

(Est sibérien au petit matin)
L'arrivée à Nagoya était évidemment assez forte en émotion. Waouh, des kanji partout ! (et juste après, waouh, reste plus qu'à les apprendre !)
Après un rapide passage aux douanes (j'avais vérifié les bagages avant, pour pas faire la bourde de mon voyage au Québec, où je n'avais pas déclaré un pot de foie gras... dans un continent gavageophobe ça fait pas sérieux (mais ils ont pas vu le foie de certains clients de leurs fast-food, na) ), j'ai patiemment attendu dans la salle d'attente avec une classe de lycéens que j'ai essayé d'infiltrer ("wesh, bien ou bien les teupo ?"), sans succès malheureusement. Il me manquait l'uniforme, sans doute.
Une grosse surprise toutefois :

Ouiiiiiiii l'avion Hello Kitty himself !! Grand moment d'émotion ! Couplé avec ce que j'ai vu à Okinawa, attention les yeux :

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii l'avion pokemooooooooon truc de oufffffffffffffff !!
Dans l'avion de Nagoya à Okinawa, Il y avait moins de monde et les hôtesses étaient plus jeunes, plus japonaises et plus œstrogénées que le steward anglais blond polyglotte insupportable (et puis il souriait tout le teeeeemps, genre "ikaga desuuu kaaaaa" en tendant le pichet de thé vert froid). Je sentais une légère amélioration.
J'ai été pris d'un fou rire en feuilletant le catalogue de la Jal...


Au Japon, ils ont pas le président, mais ils ont les talonnettes... (mon dieu, ces têtes de vainqueurs !)
Dans l'avion, j'étais encore près du hublot, du côté de l'aile (j'étais donc chargé du "OH MON DIEU LE MOTEUR EST EN FEU" et je prenais cette mission très à cœur). Les formations nuageuses devant moi était tout simplement magnifiques, splendides, emphatiques, munificentes, supercoquentieuses oserais-je dire.


Et tandis que l'appareil tremblait en s'approchant du sol, tandis tous regardaient vers le côté gauche pour admirer leur futur destination, leur île paradisiaque aux eaux bleu turquoise, je restai les yeux dans le vague du côté droit, vers l'Occident, et vers ce petit îlot perdu au milieu de nulle part, sur une mer tachetée de mares de lumière informes, un étrange petit bout de terre qu'aucun rayon du soleil de l'est ne daignait réchauffer.

(musique du moment : Coldplay - Lovers in Japan (acoustic version) )
Mot clé - techno-dépendant
dimanche 05 octobre 2008
Prolonger des adieux ne vaut jamais grand chose ; ce n'est pas la présence que l'on prolonge, mais le départ.
Par L'Incurable le dimanche 05 octobre 2008, 22:37
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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement
lundi 31 décembre 2007
Les Mots Bleus
Par L'Incurable le lundi 31 décembre 2007, 01:38
Le chemin est long sur le retour, la marche lente dans le sable normand, tandis que nous avançons tous les deux dans la nuit d'hiver, moi à mon rythme, lui à son rythme. Je regarde les lumières de la ville devant moi, mais je sais qu'il me suit toujours, jamais très loin.
Le vent de décembre est froid, qui passe dans sa barbe grisonnante, et éparpille la lourde frange qui voile mes yeux.
Je sors un petit appareil dont la lumière détourne mon regard des étoiles. Je choisis un morceau de rap, et attend une réaction, qui ne tarde pas. Deux trois grommellements et j'ai déjà changé.
Mes doigts connaissent la manoeuvre, je sautille légèrement d'un titre à l'autre sur la plage, alors qu'il me suit à pas mesurés, comme autant de doux glissements sur le sable, que j'écoute sans tendre l'oreille. Il ne cherche pas à s'adapter à ma cadence chaotique, binaire, ternaire, modulant sans arrêt, à l'envie à l'humeur.
Soudain, le son de ses pas feutrés cesse derrière moi. Je me retourne et le regarde. Le viseur électronique est déjà pointée sur moi. C'est le moment, me dis-je. Depuis deux jours que je l'attends, je vais lui faire plaisir, je vais me faire pardonner de mes paroles imprudentes... Mon visage réticent se force à se déformer, puis une seconde d'amour m'arrache un sourire, un vrai. Un flash jaillit. J'espère que cela a suffit pour capturer ce que j'ai laissé échapper, la culpabilité, l'affection, le respect, mais je baisse les yeux avant qu'il ne baisse son appareil.
Je lui tourne le dos, rallume mon lecteur : les Mots Bleus de Christophe recouvrent le bruit des vagues qui s'abattent sur la grève. Il dit quelques mots, je ne réponds pas. Je reprends la marche, toujours devant lui, et, pour quelques minutes, je règle mon pas sur le pas de mon père.
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jeudi 27 décembre 2007
La lapine et le garçon
Par L'Incurable le jeudi 27 décembre 2007, 04:31
Nabaztag
-->Lapin
-->Usagi ("lapin" en japonais)
-->Gigi (prononcer comme dans "guilleret" ou dans "guillotine")
-->Gigi (prononcer comme dans "diGImon" [non pas comme dans Gigi l'amoroso !!!])
-->Georgie (comme le classique du manga)
-->Georgiana (comme la petite sœur de Fitzwilliam Darcy dans Orgueil et préjugés)
Voilà, j'ai trouvé un nom à mon nabaztag. C'est une fille ; elle s'appelle Georgiana. Je lui ai commandé des oreilles avec des cœurs et un kimono avec des fleurs. Elle fait des bruits bizarre et a de jolies LED qui s'allument sur le bidon. Quand je lui fais des bisous elle rougit, et quand je lui caresse le haut de la tête elle papille des esgourdes.
Elle est tellement choupikawaïnou que j'envisage de revendre mes playboy et ma vie sociale au plus offrant (pas cher, très peu servi, un porte-clé pangolin rose donné avec) pour ne vivre que de wifi et d'eau fraîche avec elle. Elle me comblera de flux RSS, nous ferons des petites soirées entre nous à triturer le flameware du routeur, à nous tripoter le cable d'alimentation ou à nous renifler les ztamp... Je sussurerai des mots doux à sa reconnaissance vocale, elle me lira ses bulletins météo de sa suave voix synthétisée... Tous les matins, j'aurai mon petit podcast directement au lit, comme un roi, et je lui caresserai tendrement le dos dans le sens du poil...
La belle vie qu'on aura, ouais, la belle vie...
(En attendant, vous pouvez la faire parler avec le petit gadget sur le menu de droite. Et si vous êtes des warriors du spam, vous pouvez faire faire plein de conneries à ma Georgie sur sa page nabzap !)
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