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dimanche 07 septembre 2008

La présence diminue la réputation, l'absence l'augmente.

Citation de Baltasar Gracian Y Morales (1601-1658)

<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Tiré de Calvin & Hobbes, tome 1 de l'intégrale éditée chez Hors Collection.

L'ellipse narrative est une figure de style des plus usités, et pourtant des plus riches en possibilités d'utilisation. Elle consiste en un effacement volontaire d'une partie du récit, qui s'en trouve accéléré : le temps passé dans l'histoire est réduit à un "deux mois plus tard" qui prend quelques dixièmes de seconde de l'espace-temps du lecteur. L'intérêt est généralement de passer outre des évènements qui auraient manqué d'intérêt, ou qui auraient cassé le rythme de la narration. Elle peut aussi générer la frustration en occultant des informations attendues ou espérées (par exemple, quelqu'un crie dans la nuit, et hop on passe au petit matin). Elle peut aussi concentrer une action éployée dans le temps pour lui donner plus d'impact. Par exemple, une nuit d'angoisses fantomatiques résumée en deux visages figés par l'effroi à l'aube (à opposer, bien sûr, à la dilution narrative de la soirée en trois cases identiques, dont une muette).

Maintenant que vous êtes convaincus de l'intérêt littéraire, bédéesque et cinématographique de l'ellipse, parlons peu mais parlons bien. Un blog n'est jamais un produit fini ; même stoppé, ce n'est qu'un chantier en construction. Et il témoigne de l'arythmie et des aléas de la vie de son auteur.

Alors, mettez votre imagination à l'épreuve, et trouvez ce que j'ai pu faire de passionnant et de chronophage durant cette SUPERBE ellipse ! ^o^
(toute proposition avec les mots "flemme", "glandouille", "playstation 2", "msn" ou "Obiwan Kenobi" sera disqualifiée d'office !)

Et bientôt, le lancement du blog version 1.5, avec le teaser d'une année riche en rebondissements et en sushis ! (et en articles de blog)

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

dimanche 04 mai 2008

La vie est une pute borgne, le poker est son mac

La fumée de clope s'engouffrait dans mon pif comme des asticots dans une pomme bretonne pas fraîche.

Pas frais, 'sûr que c'était mon état cette nuit. Deux heures que les autres gonzes essayaient de rafler ma mise, mais ils pouvaient toujours pigner auprès de leur mère pour de l'argent de poche, je leur cracherais rien. J'avais mis suffisamment de grisbi dans l'cochon, et il s'appelait "reviens". Francky "les beaux yeux" avait claqué deux fois la somme, mais il s'était déjà étalé comme un chien devant une meute de loups. Sa rancœur puait à cinquante mètres. Je savais qu'il irait se calmer auprès d'une frangine pour récupérer sa soirée, alors je craignais pas pour mes miches. Sinon, je l'aurais peut-être pas plumé. Dans ces soirées de merde, mieux vaut te coucher que d'exciter les nerveux, si tu veux pas retourner dans ton pieu les pieds devant.

Les deux autres me regardaient d'un air louche. Je sentais que l'alcool leur avait pourri la cervelle, mais j'étais trop fait pour voir que j'étais encore pire. Les cartes dansaient devant mes yeux comme des danseuses sur un bar. Le Roi roulait des pelles au Valet. Ça y est, j'étais plus en état de suivre. Mais je voulais mon fric, pour sûr. Alors j'ai zyeuté rapidement les tas de jetons — j'étais bon dernier — et je me suis lançé dans la castagne. Foxy Johnny s'est couché, il attendait son tour pour nous entuber. Il sait amasser les jetons et les mettre sur la table au bon moment. C'est un bon, Johnny, mais il fallait pas qu'il se couche trop, si il voulait garder son artiche. Big G. a relancé de 150, et m'a sorti qu'il avait une paire. Ce branquignolle ne mentait jamais au poker, à ce qu'y disait. C'est ce qu'on verrait : j'ai dit banco. Il avait des battoirs larges comme des dossiers de chaise, il pouvait tapisser le mur avec ma cervelle ; c'est pour ça que je me marrais comme un bossu en faisant "tapis". J'ai tilté, comme on dit. J'étais complètement noir, surtout.

Il a suivi. Et il a jeté ses cartes : paire de donzelles. Y'avait déjà une dame dans le flop, ça faisait un brelan. Moi, j'avais un tirage. Dans les deux cartes à sortir, il me fallait juste un dix pour faire la suite et lui foutre une peignée. J'étais déjà moins fier. Les vapeurs d'alcool s'étaient dissipées brusquement, et la sueur s'écoulait sur mon front par torrents. Les yeux de Big G. brillaient comme des poignards. Il allait m'avoir, ce con.

Première carte : deux de pique.

Pute.

Et la deuxième, la River qui te fait tressaillir les poils et qui te fait sentir comme un chiard devant sa mater, c'était un dix de trèfle. J'étais repassé devant Big G. Mes tripes en transe ont arrêté de trembloter, et je me suis affalé sur le fauteuil moisi qui cocottait le vieux mégot.

J'étais encore dans la course.

Mais pour combien de temps ?

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

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