(Pour expliquer le pourquoi de ce blog, un petit texte pompeux... je prendrai une plume plus lisible à l'avenir ^^)
Arrogant, complexé, mal peigné. Léger, amorphe, fermé Fier, sot, doué. L'éventail des qualificatifs donné à un Homme durant sa vie est-il représentatif de sa vraie nature ? Ou plus précisément, si tant est que l'on puisse juger et qualifier correctement chacun de ses actes, l'éventail des faits et gestes d'un Homme définit-il, indirectement, sa nature ? En bref, si je tape cent fois la tête de ma petite sœur, et si je lui dis une fois que je l'aime, suis-je un grand frère ingrat ?
La rhétoricité de cette question n'échappera à personne. Et pourtant, le but de ce blog est bien là : d'une manière effroyablement égotiste ("qui fait constamment référence à soi", TLF), je sculpterai mon corps par coups de burin successifs. Un article pour une pensée, pour un mot lâché dans la nature, pour un geste aux lourdes conséquences. Et les grandes lignes se formeront d'elles-mêmes, sur le marbre de ce que vous pensez connaître de moi, au fur et à mesure du labeur. Un bras s'élèvera vers le ciel, un pied s'engoncera dans le sol, peu à peu. Une meilleure image serait celle d'un idéogramme chinois. Une trait, tracé d'un geste, contiendra dix informations. 20 traits en contiendront dix milles. C'est mathématique, si si. Et pourtant, le sage y verra un seul concept. L'imbécile heureux aussi. Et tous les Incurables tenteront d'ordonner, avec leurs maigres moyens, les éléments mis à leur disposition.
Eh bien voilà, vous avez l'idée. Je vais me déconstruire, éparpiller mes qualités et mes défauts, les ranger en ordre, faire des petits tas, mettre des étiquettes, puis tout reconstruire, tout remettre à sa place, ranger les légos dans la boîte, et, fabuleusement, tout s'ordonnera, les contradictions s'annuleront, les invraisemblances se vraisembleront, et, miracle de la démarche dialectique, j'apparaîtrai, ou plutôt je me dévoilerai, je m'auto-dépasserai et livrerai ma vraie nature, ma pure essence, ma substance.
Ou pas.
Mais quand bien même n'y arriverais-je pas, l'expérience vaudrait la peine d'être vécue. Comme une longue psychanalyse de mes parties de démineur, de mes lubies d'un jour et mes amourettes d'un soir, de mon jus de pamplemousse du matin, mais surtout de mes délires conscients, de mes fausses histoires qui m'arrivent vraiment et de mes vraies histoires m'arrivent faussement, le héros de cette épopée, qui est moi sans être moi tout en étant moi quand même, dira sans dire tout en disant quand même les évènements qui me sont vraiment arrivés.
Ou pas.
Mais que ce soit vrai ou pas, ce n'est pas grave car ce n'est pas le but. Le but est la pure cristallisation d'un être, un lent processus de calcification, car il paraît que l'on n'est jamais achevé, que l'on est toujours en construction... et qu'être vivant, c'est juste rentrer dans ce processus, c'est accumuler les expériences et éviter l'imperméabilité des plumes de canard sur lesquelles l'eau ne s'accroche pas. C'est ne pas se défaire des souvenirs qui nous ont forgés et des obstacles qui nous attendent.
Nous sommes Incurables car nous portons sur notre peau les cicatrices des plaies disparues et des plaies à venir, et dans nos yeux la lueur des délices mortes et des délices attendues ; vous êtes Incurables car vous ne serez jamais comme moi, et que les gens différents ne peuvent pas être "adéquats" à moi ; je suis Incurable car je suis Homme, résigné, suffisant, et pourtant toujours en quête de l'Autre.






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