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Mot clé - à Okinawa !

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vendredi 24 octobre 2008

La chance, c'est une question de veine.

Pierre Dac (1896 - 1975), extrait des Arrières-pensées



Parfois, tout n'est qu'une question de chance et de malchance.

La chance, c'est par exemple jeudi, quand j'étais au Centre des Relations Internationales (le Centre quoi, même si ça fait "nom de repaire de méchants dans une mauvaise série télé"), en train de glander, parce qu'il ne sert qu'à ça ce fichu centre, et que des gens sont arrivés pour offrir des o-miyage à Minami, John et Kachô (le kachô, c'est le boss). Les o-miyage, c'est une coutume adorable, qui est de ramener un petit quelque chose à ses collègues, amis, ennemis, et hamsters (non pas eux en fait) quand on va quelque part. Et généralement ça se mange. Là c'était des choux à la crème, et j'en ai eu un. Coup de bol quoi.
Le Centre sus-nommé :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Rempli de souvenirs (des centaines de photos, et quelques cadavres de boîtes de gâteaux), d'étrangers perdus (Charlie, Français, Kusa, Taïwanaise, et Min-yeon, Coréenne, qui porte bien son nom) et de Japonaises en goguette (Aki, derrière, étudiante en espagnol... ce qui m'a fait réviser mon espagnol, eh oui, j'aurais pas cru après quatre ans)...
Dans le même genre de chouette cadeau auquel je m'attendais pas, j'ai reçu une viennoiserie au chocolat de Kusa (un "melon-pan" ils disent, même que ça a pas goût de melon, mystère que je n'ai toujours pas résolu), de John un superbe polo orange toujours à l'effigie de l'université (oui c'est orange, mais ça a de la gueule), de Kosuke un sac genre Eastpak avec le nom de l'université dessus, ce qui est la classe ultime s'pas, et de Kusa encore un super totoro en peluche trop beau, pour aller avec celui que j'ai déjà. Et de beaucoup de gens, j'ai reçu beaucoup de sympathie et de sourires, et ça fait plaisir ça madame.




Sinon, dans le genre pas de bol, lundi j'ai fait une allergie à chais pas quoi. Et paf, urticaire géant sur les deux tiers du corps (on notera tout de même la clémence du-dit urticaire, qui ne s'est propagé ni sur les mollets, ni sur les avant-bras, ni dans le cou, ni sur le visage, ce qui m'a permis d'aller dignement à l'hôpital). Pas de bol, donc.
Mais non je n'ai pas de photos.

Par contre, j'ai des photos de ce qui a été une chouette surprise : une promenade en bus à Ikei-jima et Miyago-jima, vers l'est :
081023_1308
081023_1256
(tentative de panorama avec mon portable super high tech...)
Oui, j'ai quand même un peu de chance au final.






Cadeau-bonux à la con :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Cinq minutes pour faire comprendre à Samy (de Macao, effondrée derrière) qu'il y a écrit "bon jouir" sur sa serviette de bain. Mais qu'est-ce qu'on s'est marré !!
Quand on est dans un pays dont on ne comprend pas bien la langue, l'humour régresse beaucoup...

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

jeudi 16 octobre 2008

Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.

(Marcel Pagnol, 1895-1974)

Petit récapitulatif des cours qui me sont gracieusement fournis par l'Okikokudai (沖縄国際大学, Okinawa Kokusai Daigaku, Okinawa International University, Université Internationale d'Okinawa...) : (note : ici les cours durent systématiquement 1h30, ce que je trouve très bien, je me demande toujours pourquoi on s'entête en France à faire des cours trop courts de 1h ou trop longs de 2h)

- 12 heures de japonais. Boum. Au départ, j'étais chez les débutants, puis on m'a convaincu d'intégrer les intermédiaires. Les débutants, c'est les Rennais, qui ont eu trois heures de cours par semaine pendant trois ans, ce qui est un peu de la rigolade quand on a fait deux ans de licence de jap en LCE comme moi. Les intermédiaires, c'est un groupe de Chinois qui sont au Japon depuis un ou deux ans, donc qui maîtrisent parfaitement les caractères chinois et qui depuis le temps parlent couramment japonais à l'oral. Et moi, je suis intermédiaire entre les débutants et les intermédiaires, et ils savent pas quoi faire de moi. Il ne me reste donc plus qu'à bûcher comme une bête pendant un an....(ce qui est très drôle par contre, c'est qu'ils ont du mal à lire les kanas, c'est-à-dire ce misérable petit syllabaire de 50 caractères que l'on est censé maîtriser au bout d'une semaine de cours ! Et que j'ai un meilleur niveau de grammaire oO)

- Un cours de français en master. Normalement c'est un cours de version pour les Japonais, donc français > jap. Je me demande ce que la prof va faire avec trois pauvres Français dans son cours. Suspense...

- Un cours d'okinawaïen. Bercé par de la musique dont j'étais censé étudier les paroles, j'y ai très bien dormi. Je n'y ai rigoureusement rien appris par contre. Si quelqu'un a une méthode d'okinawaïen qui traîne dans un placard, de préférence pas en japonais, ça m'intéresse.

- Un cours avec un prof "américain" qui n'a plus vécu dans son pays d'origine depuis quelques dizaines d'années, dont j'ai totalement oublié l'intitulé, mais qui est extrêmement intéressant, sur l'acquisition d'une seconde langue, les problèmes d'acculturation, l'origine individuelle ou sociale des problèmes d'apprentissage, du style "La vitesse d'apprentissage en terre étrangère dépend-elle uniquement de la motivation ?", avec le cas des étrangers qui ont un boulot de larbin, et qui ne s'autorisent pas à parler à leur patron friqué, ce qui ne les aide pas à s'améliorer en langues, forcément.
Par ailleurs, cela m'a permis de croiser des "graduate students" (大学院生, daigakuinsei), des étudiants en master, qui n'ont pas du tout le même profil que les étudiants habituels (undergraduate). On dirait qu'il y a une frontière entre les deux, car quand j'ai demandé pourquoi il y avait si peu de graduate students (quatre dans le département d'anglais oO), c'est parce que ça servait à rien pour avoir un travail...

Et plusieurs cours avec une prof chinoise, plus ou moins en anglais, parce qu'une Chinoise qui enseigne l'anglais en japonais à un Français est bien la preuve de la réussite de la mondialisation :
- un cours sur la phonétique anglaise... miam miam...
- un cours sur la "communication non-verbale", avec une classe de Japonais qui sont absolument ravis d'avoir un Français avec eux. Plusieurs filles m'ont demandé de leur enseigner le Français, ce que je trouve trop beau pour être vrai ! Je dois faire un résumé en japonais du texte anglais, ce que je trouve d'une absurdité très surréaliste...
- un cours de master, enfin, sur l'enseignement de l'anglais, et en particulier sur l'interlangue (le système en train de se créer quand on apprend une nouvelle langue) et la fossilisation (quand une erreur d'apprentissage devient une mauvaise habitude). Bref, très chouette, et puis on sera deux pour ce cours, du moins c'est prévu. Ce qui sera mieux que cette semaine où on était un, c'est-à-dire moi tout seul face à la prof (charmante, par contre).

Avec tout ça, je ne devrais pas m'ennuyer... Je crois que je n'ai pas encore conscience que j'en ai trop pris.



Cadeau bonux 1 :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Y'a du lourd, sur le bureau de John, des Relations Internationales...
Au premier plan : des chaussettes coréennes. Il paraît que c'est un comique apprécié là-bas. Moi au premier regard, j'ai trouvé qu'il avait une tête de psychopathe, et je me suis demandé pourquoi ils avaient mis un avis de recherche sur des chaussettes. Au second regard aussi, d'ailleurs.
Ensuite, une superbe réplique de la voiture pokémon signalée précédemment. La classe ultime...
Et juste derrière, une réplique du van de John, qui n'est pas du tout sans rappeler le tacot de Little Miss Sunshine, vous remarquerez. Ce qu'il confirme en sortant une publicité pour LMS qu'il cachait sous son bureau... un bon gars ce John, définitivement !

Cadeau bonux 2 :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Nan mais TROP cool, quoi...
Un Stitch déguisé en shisa... c'est ultime. (le shisa c'est un genre de chien ou de lion qui protège les maisons du coin) Et y'a même la ugly dolly de Lilo !!
Derrière, vous pouvez voir ma magnifique serviette de bain en l'honneur de l'université (300yens), et ma couette dont je n'ai PAS choisi le motif....

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

mardi 14 octobre 2008

La bière, la bière, qu'est-ce qu'elle a fait de moi la bière ?

(paroles extraites de "la Bière", des Garçons-Bouchers, super groupe de rock-punk-musette)

Pour raconter un truc où que ça bouge plus, je peux raconter ma journée de samedi. (Non ce n'est pas le bordel ma façon de raconter. En narratologie, ça s'appelle une structure narrative non-linéaire, donc ne dites pas que mon blog c'est le bordel, dites que c'est une figure de style !)
Ma journée commence donc vers trois heures de l'aprèm (en narratologie, comme ailleurs, ça s'appelle une grosse flemme), heure à laquelle je me lève plein d'entrain, où je trébuche contre un cadavre de bol de nouilles instantanées, où je m'éclate un doigt de pied sur cette p*** de marche qui mène à la salle de bain, et où je découvre que le brillant designeur de mon intérieur à moi (que je bénis chaque jour) a mis un filtre sous le trou de la bonde, comme ça les restes d'omelette de la veille décollés de la casserole, ben ils partent pas tout de suite, ils squattent encore un peu pour me délivrer leur bonne odeur au petit matin quand je prends mon bol de Nesquik (du vrai, d'ailleurs). Et après, ils squattent encore dans la poubelle, histoire que je ne les oublie pas, les restes moisis d'œufs qui étaient déjà à la limite de la péremption. Eh oui, le rêve cède toujours le pas au prosaïsme du quotidien... Mais rassurez-vous, la plage n'est jamais très loin, vous pouvez toujours me haïr !
Si je me lève si tôt, c'est que je tiens absolument à me rendre au hyakkin, c'est-à-dire au 100¥ plaza, un "tout à 100¥" qui porte bien son nom et qui l'affiche en gros sur sa devanture, ce dont je remercie la grâce, parce que savoir où on entre avant d'y être entré est un privilège qui me manque dans ce pays de sauvages. Et dans le tout à 100¥, je trouve tout, enfin tout qui vaut 100¥, qui vaut parfois plus, qui vaut souvent moins mais c'est pas grave. Je trouve des écouteurs, des baguettes, un éventail (mon achat le plus intelligent sans doute !), des gommes, toutes sortes de gommes (mais elles sont tellement choux !), une gomme électrique (vraiment), un thermomètre (qui reste bloqué sur 28°C, je comprends pas, il doit être buggé vous pensez pas ?), de la sauce soja (ça remplace le sel ici), des éponges, des nouilles, beaucoup de nouilles, une vache en plastique qui ouvre la bouche et qui fait de la lumière quand on lui appuie sur le dos (mais vous comprenez pas que c'est indispensable ???), un carnet pour noter le vocabulaire, des fiches à kanjis, des lunettes de plongée, des mentos au raisin, des enveloppes, de la barbe à papa sous plastique (il paraît qu'Amy Winehouse est accroc à la barbapapa aromatisée à la coke... c'est pour ça que j'aime internet), des saloperies de biscuit aux algues qui me rappellent le port de Cherbourg (beuargl (et c'est encore pire quand les biscuits traînent et deviennent tout mous)), des mini-lettres pour écrire mon nom sur ma porte d'entrée, des CD gravables, une règle graduée (je tiens vraiment à mesurer ce foutu placard à chaussures), et enfin, tenez-vous bien : des cure-oreille traditionnels japonais en bambou ! Le must-have quand vous vous voulez vous intégrer au Japon !
Et j'en passe et des meilleurs, si bien que je ressors avec une quarantaine d'articles. Tous indispensable. Et je n'ai pas acheté ce qu'il y avait de pire :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
(cliquez pour mieux voir, et je veux dire, faites-le vraiment !)
Oui, c'est bien ce que vous pensez voir. Un faux phallus en forme de canard, et des seins gonflables. Un mélange intéressant de Patrick Sébastien et de Jean-Marie Bigard, je dirais. Avec une petite pointe de Philippe Bouvard. (Ce qui me ferait presque douter que Japan iz superior, comme j'ai appris pendant deux ans en fac de jap)

Une fois rentré dans mon antre, après avoir constaté que les bactéries contenues dans le cadavre d'omelette étaient on ne peut plus vivaces, on frappe a à ma porte pour m'inviter à un cours de danse okinawaienne, le fameux Eisa. Il s'agit en fait, du moins dans cette région de l'île, de deux danses simultanées et coordonnées : le te-odori ("danse avec les mains") des femmes, et les tambours (ôdaiko et shimedaiko, le grand et le petit tambours), dansés indifféremment par les hommes et les femmes, mais plutôt les hommes à l'origine on dirait. Kuma-chan fait du te-odori parce que, n'est-ce pas, elle a des muscles de crevette paralytique. (enfin, c'est ce qu'elle m'a dit en japonais, je ne fais que traduire) Du haut de mes 1m75 de muscles tout serrés et chargé de ma testostérone bouillonnante de virilité, je ne vais pas bien sûr me borner à gesticuler les mimines, donc j'essaye le shimedaiko, le moyen tambour, dans ce grand gymnase de l'Okinawa International University, qui me rappelle qu'on n'a pas tout à fait les mêmes moyens dans l'Educ Nat en France.
Et c'est du sport !!!
Les mouvements sont très amples, en restant très précis et rythmé (c'est de la danse quand même), on frappe du pied comme des brutes par terre à chaque fois qu'on tape dans le tambour, et au final on se défoule bien. Si bien que je prévois d'y retourner trois fois par semaine. Ça fait des années que j'ai pas fait de sport régulier, alors encouragez-moi surtout !
Si ça vous intéresse, il y a une vidéo très chouette sur la page des vidéos de ce site (choisissez la Sonda Eisa, pour voir la version que je pratique, dans la région de Okinawa-city, mais les autres vidéos sont assez jolies et colorées aussi).

Et enfin, pour me récompenser de ces efforts, j'accompagne Kuma-Chan (la danseuse), Fabien, Charlie et Sonoé dans un petit bar sympa qui fait de très bons cheese cakes. Ce qui est important quand on n'a pas mangé de la journée (忘れた... j'ai oublié...). Sonoé est partie à Rennes l'an dernier, donc elle parle un très bon français. Il y a quelque chose de très reposant dans le fait de parler français dans un endroit totalement étrangerophone. Se lever tous les matins en se disant que l'on va vivre une espèce d'énorme exercice de communication orale pendant un certain nombre d'heures, ça peut être fatigant. Oh, on s'y fait vite. Mais parfois, la terre veut retourner à la terre et le Normand à la bouse de vache. Ma langue natale, c'est un peu l'essentiel de ce qui me rattache à mon pays, comme un cordon au milieu de l'océan auquel je m'accroche quand j'étouffe dans le salmigondis des mots.¹
Pour ce qui est de la soirée elle-même, je vous renvoie à chez Fabien pour qui le prix des bières, c'est un peu comme le prix des mangas pour moi, un sujet d'angoisse permanent et un calibre efficace pour juger la qualité de vie d'un pays. (Nihon wa suge !)

<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Avec ma nouvelle DS (d'occasion, pas cher du tout), et mon super dico de kanji électronique, un cheese-cake très miam, et un cocktail très gloups à base d'alcool d'Okinawa, de pasoa, et de raisins. Très chic, très chouette.

A l'izakaya, une ambiance un peu différente... la bière à 100 yens coule à flot, et les sushis s'écoulent, de même que le riz cantonais ou que ce sublime mélange calamar-oignons... slurp !
Si bien que les Français perdent toute dignité...
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
... tandis que les Japonaises (et assimilées) restent fidèles à elles-mêmes. :)
SA3D0034



CADEAU BONUX (spécial picole) :
SA3D0010
Que cela soit dit, et su. Au Japon, on a du bon rouge. Et je dirais même "Wesh mon frère, bien ou bien ? tu veux mon bon rouge ou quoi ?".

(si je veux faire fortune et me marrer un coup, je pense que je vendrai aux Japonais le "Litron de Gros Rouge qui Tache" en leur faisant croire que c'est le nom d'un grand château bordelais super bien coté.)



¹ Littéralement "Okinawa" signifie "une corde au milieu de l'océan".

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

dimanche 12 octobre 2008

On ne peut prévoir les choses qu'après qu'elles sont arrivées.

(citation de Eugène Ionesco, in le Rhinocéros)

L'arrivée à Okinawa était pour le moins folklorique, au sens imagé comme au sens strict.. Dans les films kikitsch, l'arrivée sur une île tropicale signifie systématiquement l'abordage sauvage de l'arrivant par une horde de jeunes filles locales peu vêtues qui l'étouffent sous les colliers à fleurs en espérant secrètement que le bel occidental friqué à brushing les sortira de leur trou paumé et les amènera vers la civilisation, les cuisines en formica et les vernis à ongle (ce qui arrive rarement, à la fin de l'aventure il retourne généralement auprès d'une belle occidentale friquée en laissant les ostrogoths dans leur merde).
C'est presque ce qui m'est arrivé.
En fait, les primitives avaient des baskets, le collier à fleurs était en plastique, et moi je suais comme un porc sous ma tonne de sacs, dans une chaleur apocalyptique, n'ayant pas pris de douche et ne m'étant pas changé depuis presque une journée, journée quasiment sans sommeil d'ailleurs. Et mon brushing était tout défait. Elles ont pris plein de photos avec leurs portables high tech, ce dont mes cheveux gras et mon air hagard se seraient passé, et elles m'ont traîné en dehors de l'aéroport (que l'autre steward anglais polyglotte imbuvable (comme son thé) prononçait "aroport", comme quoi il était pas si polyglotte, haha) jusqu'à un petit resto, pas cher du tout, comme tous les restos ici (si vous savez pas où aller un samedi soir, allez à Okinawa, j'ai de bonnes adresses à vous refiler). C'était bien tout de même, j'ai discuté avec les Macao Sisters (qui ont choisi comme surnom Sammy (oui comme dans Scoubidou), Casey (oui comme la rappeuse, ou la base en Antarctique), et Bernice (un équalent de Bernadette en France, mais bizarrement elle a pas apprécié quand on le lui a expliqué), toutes trois de la taille d'1m50, mais ça ne dénote pas franchement dans le décor), qui sont arrivées quelques jours avant nous.

J'étais donc un peu mort, et très heureux quand on m'a proposé d'aller à mon appartement, mon mien, mon à moi, avec un lit, enfin. Je me suis un peu écroulé de désespoir sur le parquet laqué quand j'ai vu que c'était un matelas de 5cm d'épaisseur sur du plat (c'est donc vrai que les asiatiques sont tous des êtres à la spiritualité très évoluée qui vivent en ascète avec simplement un matelas pourri, cinq heures de méditation par jour et une feuille de salade au dîner...), mais on s'y fait. On m'a montré comment marchait la douche (si on sait pas qu'il faut appuyer sur un bouton pour mettre l'eau chaude, c'est problématique...) et comment brancher l'interweb (et là je revécus !).
Lorsque je fus entré et déjà à l'aise dans mon nouveau cocon tropical, un cri d'horreur s'est échappé de la bouche de Sammy, je cite : "KUTSU !!". J'avais oublié d'enlever mes chaussures, comme dans tout lieu de résidence japonais qui se respecte. Le drame, quoi. Ne voulant pas lancer un débat sur les différences culturelles (j'ai déjà une rédaction sur ça pour vendredi T__T) et sur l'incongruité de cette idée selon laquelle je pourrais pas faire ce que je veux chez moi, et ne voulant pas dégueulasser le parquet en même temps, j'ai gentiment enlevé les armes du crime de mes pieds qui n'avaient pas respiré depuis longtemps. Et là, j'ai vu LE atout majeur de cet appart : le placard à chaussures. Onze étages, quatre-vingt centimètres de large, trente centimètres de profondeur. Si j'invite le bataillon de marines du coin pour une petite bouffe, au moins ils pourront tous ranger leurs rangers à talon métallique ; voilà qui m'apaise l'esprit. On notera aussi l'évier de cantine militaire, et la penderie pour les tenues de combat (avec masque à gaz). En revanche, pour mes vêtements à moi, c'est keudchi... Cela m'a beaucoup angoissé jusqu'à ce je me dise, hier, que je pouvais peut être mettre mes vêtements dans l'immensissime placard à chaussures ! Je trouvais ça extrêmement intelligent jusqu'à ce que je fasse la fête, ce soir, chez Charlie, mon camarade de nomadisme, qui avait eu cette idée et qui s'est fait enguirlander par les Chinoises. Ben oui, ça pue dans un placard à chaussures. Sauf quand on en a deux paires et demi et la flemme de les ranger dans le placard prévu à cet effet, mais ça c'est pas compréhensible pour ces jolies demoiselles. (Héhé ! vous en vouliez de l'action à Okinawa ? en voilà !!!)


Et comme l'article est pas super palpitant et que y'a plus de mots que de zolies photos pleines de couleur, je vous offre le rejeton de l'avion pokémon : la tuture pokémon ! Yeah !

<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Et je suis trop bon, j'ai même répondu à vos commentaires sur l'article précédent. Que de lectures !...

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

dimanche 05 octobre 2008

Prolonger des adieux ne vaut jamais grand chose ; ce n'est pas la présence que l'on prolonge, mais le départ.

Citation de Elisabeth Bibeso (1897-1945), extraite de Le Sapin et le Palmier

(cliquez sur les photos pour les agrandir un peu)

Une énième insomnie me donne l'occasion de sortir de mon lit pour vous donner le premier compte-rendu Made in Japan... et Dieu sait qu'il est touffu...

Par une belle après-midi de début d'automne, je me trouvais ainsi dans un terminal d'aéroport avec la quasi-moitié de mon poids sur le dos, après quelques tribulations avec la seuneuceufeu dont les trains n'ont pas toujours une longueur d'avance, non non non (mais je vous épargnerai mon avis sur ce "service public"). Guettant d'un oeil les militaires à la mine patibulaire et au gros fusil qui n'ont sans doute pas trouvé d'endroit plus sympa pour faire leur promenade digestive, je me dirigeai vers le coin de la Japan Airlines et méditai sur le pourcentage toujours croissant de faux sacs Prada et de vrais appareils photo Nikon, c'est-à-dire sur le taux anormalement élevé de Japonais qui, comme ce fut confirmé plus tard, ne devrait pas décroître jusqu'à mon arrivée à Okinawa. Je me demandai aussi si l'avion allait s'abîmer sur le chemin, et pourquoi donc on disait "s'abîmer" pour le crash d'un fer à repasser géant (c'est un peu comme si j'égratignais mon hamster en le plongeant tête la première dans un mixer en marche). Ah, et je me demandai pourquoi je me faisais toujours avoir par les panneaux "Borne Wi-Fi" qui cachent toujours des procédés ignobles du genre "6€ les trente minutes pour soulager tes envies de geek" (c'est comme les toilettes payantes au Mont-Saint-Michel ou dans les gares ! honteux !). Je comprends un peu mieux les fumeurs qui prennent l'avion maintenant. (Mais non j'ai pas essayé de trouver un réseau non-sécurisé dans les toilettes de l'avion, ce que vous êtes bêtas !)

Pour rappel, Okinawa c'est là :
japan-okinawa_map.jpg

On dirait le sud ? Voilà, vous avez pigé. (et oui le temps dure longtemps quand on jetlag). Donc plage, cocotier, mini-kini, mini-cul-nu et tout le reste (maintenant que tout le monde m'envie à mort, ça me lasse presque de me vanter).
On pourrait penser que ça ferait des valises moins lourdes, faute de vêtements chauds... mais... non. Ma mère a quand même réussi l'exploit de fourguer dans mes affaires deux anti-moustiques, deux boîtes de pilule anti-soleil, deux flacons de crème solaire, et trois flacons pour calmer les coups de soleil, dont un spécial pour les brûlures au deuxième degré. Pessimisme ou prévoyance sur ce dernier point ? Difficile à dire. Toujours est-il que le délestage vestimentaire était largement compensé par la charge des lotions en tout genre et par le poids de l'appréhension maternelle sur mes fragiles épaules.

Le temps de vol jusqu'à Nagoya était de douze heures, mais à côté du hublot, j'allais pouvoir assister à l'une des nuits les plus courtes de mon existence.
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>

Après "tu va ns ramenné 1 japonèz lolilol.", le deuxième encouragement qui revenait le plus souvent était "yora d joli autèss danl avion lolilol". (non en fait j'ai pas que des amis qui font "lolilol", j'ai aussi une grand-mère, mais ça revient au même !) Eh bien non. Elles étaient soit trop vieilles, soit trop testostéroneuses (et anglaises, par la même occasion, dont un steward blond polyglotte qui draguait une équipe de volleyeuses espagnoles dans leur langue maternelle mais qui me servait du "ikaga desu ka"... moi je dis y'a délit de sale gueule, je veux qu'on me parle français même si je m'appelle pas Maria et que j'ai pas de beaux mollets >__<). L'arnaque, quoi. Mais il y avait des avantages substantiels.
Je passe sur l'écran individuel, vous me détestez déjà assez comme ça. Ah, non, je dois signaler que Sex and the city est beaucoup moins drôle en chinois qu'en anglais (c'est scandaleux !) et qu'Indiana Jones accuse toujours autant ses soixante balais en russe.

Passons aux choses sérieuses et à la réelle justification d'un prix si honteusement élevé (à part le kérosène et les prostituées de luxe du patron) : la bouffe !
C'est Japan Airlines, alors c'est japonais. D'où la bouteille de gros rouge et le camembert, comme vous pouvez le constater :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>

Et j'imagine que les crackers c'était pour le steward anglais blond malpoli au nez grotesque (oui il m'a vraiment pas plu avec ses "ikaga desu kaaa ?")
Le reste était trop inconsistant et/où inidentifiable pour valoir la peine d'être décrit.
Avec mes voisins japonais, j'ai appris quelque chose de très important. Quand vous voulez expliquer à un Japonais que vous habitez pas à Paris, il faut dire que vous habitez pas loin du Mont-Saint-Michel. Ça impressionne forcément. Et même quand ils savent pas où c'est (ah là là...), ça les impressionne quand même. (si je veux être plus précis, dans mon cas, je dis parfois "Cherbourg, c'est la ville qu'on voit au début de Titanic", ça marche presque mieux !)



Dans la nuit, entre deux gargouillements de gorge nippons ou pépiements hispaniques, j'eus du mal à m'endormir. Je me demandai combien de gens dans l'appareil laissait autant de choses que moi derrière eux, et pour si longtemps. Pendant quelques temps j'oubliai l'illusion d'internet qui me fait croire en ce moment même et comme toutes les nuits que, bof, le Japon, toutes les régions de France, le Québec même ou tout le reste, le monde entier n'est qu'à quelques kilo-octets de moi.
Il n'est rien de plus solitaire qu'un voyage en avion.
L'air artificiel de la cabine m'étouffait, tandis que je me lovais difficilement dans une mauvaise couverture, comme dans une bulle de souvenirs rapiécés. Et le nez contre le hublot gelé, j'attendais la fin de cette si courte nuit.



<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
(Est sibérien au petit matin)

L'arrivée à Nagoya était évidemment assez forte en émotion. Waouh, des kanji partout ! (et juste après, waouh, reste plus qu'à les apprendre !)
Après un rapide passage aux douanes (j'avais vérifié les bagages avant, pour pas faire la bourde de mon voyage au Québec, où je n'avais pas déclaré un pot de foie gras... dans un continent gavageophobe ça fait pas sérieux (mais ils ont pas vu le foie de certains clients de leurs fast-food, na) ), j'ai patiemment attendu dans la salle d'attente avec une classe de lycéens que j'ai essayé d'infiltrer ("wesh, bien ou bien les teupo ?"), sans succès malheureusement. Il me manquait l'uniforme, sans doute.
Une grosse surprise toutefois :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Ouiiiiiiii l'avion Hello Kitty himself !! Grand moment d'émotion ! Couplé avec ce que j'ai vu à Okinawa, attention les yeux :
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii l'avion pokemooooooooon truc de oufffffffffffffff !!

Dans l'avion de Nagoya à Okinawa, Il y avait moins de monde et les hôtesses étaient plus jeunes, plus japonaises et plus œstrogénées que le steward anglais blond polyglotte insupportable (et puis il souriait tout le teeeeemps, genre "ikaga desuuu kaaaaa" en tendant le pichet de thé vert froid). Je sentais une légère amélioration.
J'ai été pris d'un fou rire en feuilletant le catalogue de la Jal...
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Au Japon, ils ont pas le président, mais ils ont les talonnettes... (mon dieu, ces têtes de vainqueurs !)

Dans l'avion, j'étais encore près du hublot, du côté de l'aile (j'étais donc chargé du "OH MON DIEU LE MOTEUR EST EN FEU" et je prenais cette mission très à cœur). Les formations nuageuses devant moi était tout simplement magnifiques, splendides, emphatiques, munificentes, supercoquentieuses oserais-je dire.
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>
Et tandis que l'appareil tremblait en s'approchant du sol, tandis tous regardaient vers le côté gauche pour admirer leur futur destination, leur île paradisiaque aux eaux bleu turquoise, je restai les yeux dans le vague du côté droit, vers l'Occident, et vers ce petit îlot perdu au milieu de nulle part, sur une mer tachetée de mares de lumière informes, un étrange petit bout de terre qu'aucun rayon du soleil de l'est ne daignait réchauffer.
<Digimax i50 MP3, Samsung #1 MP3>

(musique du moment : Coldplay - Lovers in Japan (acoustic version) )

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Ce jour-là, l'Incurable a été particulièrement

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