Citation de Fernand Ouellette, dans la Mort vive
Je n'aime pas les blogs d'écriture.
Tous ces gens qui écrivent et qui prétendent que leur prose a de l'intérêt, n'est-ce pas insupportable ? Je veux dire, quand tu dessines un minimum correctement et que tu as de l'humour à revendre, de bonnes idées à étaler sur un site plein de gadgets en flash trop cools et qu'en plus t'as des gros seins (ou des petits mais beaucoup de sensibilité en remplacement) à dessiner (surtout si tu te dessines souvent toute nue), là tu fais un blog BD, tu as des dizaines de milliers de lecteurs et tu œuvres à améliorer le sort de l'humanité. Mais écrire, quoi, bordel de sainte vierge en slip kangourou, écrire tout le monde peut le faire !
Alors tu cherches à te rendre intéressant. Tu racontes ta vie, tes hauts, tes bas, tes malheurs d'amour, tes bonheurs de jeux vidéos (parce que faut être un peu geek pour avoir un blog), tu postes des vidéos de chats trouvées sur youtube, tes photos de plage genre "carte postale floue", des extraits de bouquins que t'aimes bien mais que personne ne lira puisque personne ne te lit. Au final tu as une centaine d'articles avec deux trois commentaires de copains. Et. C'est. Tout.
J'étais à peu près dans cet état d'esprit depuis quelques mois. Vous l'avez remarqué. Le plus malheureux étant que je suis au Japon et que je suis censé faire un blog de voyages où je raconte les bons coins pour manger des sushis à 105 yens et se taper un urticaire géant bien prurigineux et sexy comme il faut, mais que cela m'ennuie. Je suis trop égocentrique pour me départir de mes petits problèmes persos chiants et trop déconnecté de la réalité matérielle du Japon et de ses chaussettes orteillées pour parler de ce qui se passe (pas) à Okinawa. Malheureusement, j'ai envie de parler de mes fesses, mais pas sur internet. Je suis sans doute devenu plus pudique pour ce qui est de mes émois sentimentaux, par exemple. D'une manière générale, plus envie d'écrire, à part à quelques crétins sur des forums publics parce que c'est pas dieu possible d'être con pareil, quand je suis de mauvaise humeur. Même plus de commentaires chez les copains-copines (mais je te lis toujours assidûment Luciole). Rien.
Et je suis tombé sur le blog de Mitternacht (par pur hasard, via le blog superbement dessiné d'Esther). Ce blog, c'est le blog d'écriture perso par excellence, qu'une fille a réalisé toute seule avec ses petites mains, pour se faire plaisir. Un blog décousu comme une vie peut l'être, plutôt joli parce qu'elle est bricoleuse, bien écrit, avec des moments de creux, des vidéos de youtube et des photos de voyage (très chouettes, mais Prague c'est toujours chouette). Pas mal de commentaires, d'amis ou pas, on ne sait jamais sur internet. Un blog parmi plein d'autres, j'en suis certain. Mais j'ai aimé son style, j'ai aimé ses coups de gueule nécessaires, autant que ses digressions inutiles. Et je me suis dit que ça devait être une fille chouette, et qu'elle avait dû se faire plaisir à écrire tout ça... J'ai appris pas mal de choses et j'ai sincèrement apprécié ses talents d'écriture. Ce qui est rare. Au fond, ce n'est pas le blog incroyablement exceptionnel d'une fille incroyablement exceptionnelle, mais c'est le seul qui, en trois mois d'ennuis sur le net, m'ait vraiment donné envie de me remettre au mien. Et pour cette raison, j'en remercie très chaleureusement l'auteure, et je lui fais deux bisous sur chaque joue (on est sur internet, on se permet tout). Elle ne le saura sans doute pas, sauf si elle tape son pseudo sur google et qu'elle tombe sur cette page (ce qui ne m'étonnerait guère, si elle a un blog c'est qu'elle est égocentrique !), mais c'est sincère.
Après tout, ce que l'on apprécie en lisant des blogs, c'est parfois de sentir, au détour d'une phrase ou d'un lien, qu'il y a des gens, quelque part, on ne sait où, dont on apprécie les goûts, que l'on aimerait connaître, un jour, peut-être. Et. C'est. Tout.
Et oui le suspens quant à la continuation du blog est toujours là qui vous tiraille l'estomac, mais je ne sais pas encore si je trouverais des trucs intéressants à raconter >__<
jeudi 22 janvier 2009
Ce qu'il y a de plus pénible dans l'écriture : la sécheresse, l'intervalle entre deux livres, comme un hiatus dans sa propre durée intérieure. On se croirait en suspens.
Par L'Incurable le jeudi 22 janvier 2009, 19:05
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Ce jour-là l'Incurable a été particulièrement
jeudi 25 décembre 2008
Un homme qui ne passe pas de temps avec sa famille n'est pas vraiment un homme.
Par L'Incurable le jeudi 25 décembre 2008, 21:50
(extrait du Parrain, de Francis Ford Coppola, le père de la fille pour ceux qui comme moi ne jurent que par Sofia)
Subject : Blog
Coucou, petit scarabée,
C'était juste pour t'exhorter à mettre en ligne la suite de tes aventures.
Voilà.
C'est tout.
GPO
GPO, c'est l'acronyme de Gros Papa Ours. L'entité qui partage le corps de mon papa, avec Gros Papa Crocrodile. J'ai deux papa en un. La différence n'est pas très subtil : GPO c'est celui qui donne les Ipods à Noël (et s'extasie de ce que ça peut faire ces petites bêtes là), GPC c'est celui qui râle parce que j'ai acheté une DS avec plein de jeux débilitants un indispensable dictionnaire de kanji, et que j'ai des factures en retard*. GPO c'est le Père Noël (barbe et nez rouge compris) ; GPC c'est le père fouettard. Totalement schizophrène, j'vous l'dis.
Mais dans le cerveau torturé de cet homme malade (hum, je devrais peut-être attendre d'être financièrement indépendant avant de dire ça...), la chose Gros Papa Crocrodile, cette essence de cruauté, raffinée et instable comme un bloc d'uranium, connaît bien des moyens de me torturer l'esprit. Usant de techniques certainement enseignée par la CIA (c'est mon Ben-Laden à moi, quoi), il usurpe l'identité de son alter ego Gros Papa Ours (il a beau signer GPO, je reconnais sa mesquinerie !), et il joue à me titiller sur un de mes points sensibles : ma procrastination.
Ouais j'ai pas posté depuis deux mois. Mais j'assume !! (depuis un moment, j'ai compris qu'assumer ça permettait de moins culpabiliser et d'avoir la classe, même si on continue d'être un connard qui abandonne ses fidèles lecteurs :P)
Donc je dis à GPC que je fais ce que je veux, et que plutôt que de l'"exhortation", son mail ressemblait à des manières de mafieux des années 30, genre "Ecoute, Gino, tou té plais dans ta pizzeria, et tou sais qué lé boss, c'est ton amico, et il apprécie tes efforts. Mais Gino, si tou né fais pas un peu plus d'efforts, ça va pas sé passer bien. Tou né voudrais pas té fâcher avec lé boss, Gino. Non, vraiment, tou né voudrais pas."
Du coup, par esprit de contradiction (et parce que de toutes façons, à ce niveau-là de l'article, mon papa est déjà en route vers le notaire pour modifier les modalités de l'héritage) je vais encore rien écrire pendant deux mois.
Ou pas.
Après tout, c'est Noël...
**NB. Il suffit de quelques jours de retard pour se faire couper l'électricité ; le Japonais est susceptible. Mais il suffit de quelques heures (et d'un passage à la supérette du coin) pour la faire rétablir, même après 18h ; le Japonais est efficace.
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vendredi 24 octobre 2008
La chance, c'est une question de veine.
Par L'Incurable le vendredi 24 octobre 2008, 21:20
Pierre Dac (1896 - 1975), extrait des Arrières-pensées
Parfois, tout n'est qu'une question de chance et de malchance.
La chance, c'est par exemple jeudi, quand j'étais au Centre des Relations Internationales (le Centre quoi, même si ça fait "nom de repaire de méchants dans une mauvaise série télé"), en train de glander, parce qu'il ne sert qu'à ça ce fichu centre, et que des gens sont arrivés pour offrir des o-miyage à Minami, John et Kachô (le kachô, c'est le boss). Les o-miyage, c'est une coutume adorable, qui est de ramener un petit quelque chose à ses collègues, amis, ennemis, et hamsters (non pas eux en fait) quand on va quelque part. Et généralement ça se mange. Là c'était des choux à la crème, et j'en ai eu un. Coup de bol quoi.
Le Centre sus-nommé :
Rempli de souvenirs (des centaines de photos, et quelques cadavres de boîtes de gâteaux), d'étrangers perdus (Charlie, Français, Kusa, Taïwanaise, et Min-yeon, Coréenne, qui porte bien son nom) et de Japonaises en goguette (Aki, derrière, étudiante en espagnol... ce qui m'a fait réviser mon espagnol, eh oui, j'aurais pas cru après quatre ans)...
Dans le même genre de chouette cadeau auquel je m'attendais pas, j'ai reçu une viennoiserie au chocolat de Kusa (un "melon-pan" ils disent, même que ça a pas goût de melon, mystère que je n'ai toujours pas résolu), de John un superbe polo orange toujours à l'effigie de l'université (oui c'est orange, mais ça a de la gueule), de Kosuke un sac genre Eastpak avec le nom de l'université dessus, ce qui est la classe ultime s'pas, et de Kusa encore un super totoro en peluche trop beau, pour aller avec celui que j'ai déjà. Et de beaucoup de gens, j'ai reçu beaucoup de sympathie et de sourires, et ça fait plaisir ça madame.
Sinon, dans le genre pas de bol, lundi j'ai fait une allergie à chais pas quoi. Et paf, urticaire géant sur les deux tiers du corps (on notera tout de même la clémence du-dit urticaire, qui ne s'est propagé ni sur les mollets, ni sur les avant-bras, ni dans le cou, ni sur le visage, ce qui m'a permis d'aller dignement à l'hôpital). Pas de bol, donc.
Mais non je n'ai pas de photos.
Par contre, j'ai des photos de ce qui a été une chouette surprise : une promenade en bus à Ikei-jima et Miyago-jima, vers l'est :


(tentative de panorama avec mon portable super high tech...)
Oui, j'ai quand même un peu de chance au final.
Cadeau-bonux à la con :

Cinq minutes pour faire comprendre à Samy (de Macao, effondrée derrière) qu'il y a écrit "bon jouir" sur sa serviette de bain. Mais qu'est-ce qu'on s'est marré !!
Quand on est dans un pays dont on ne comprend pas bien la langue, l'humour régresse beaucoup...
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jeudi 16 octobre 2008
Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.
Par L'Incurable le jeudi 16 octobre 2008, 22:15
(Marcel Pagnol, 1895-1974)
Petit récapitulatif des cours qui me sont gracieusement fournis par l'Okikokudai (沖縄国際大学, Okinawa Kokusai Daigaku, Okinawa International University, Université Internationale d'Okinawa...) : (note : ici les cours durent systématiquement 1h30, ce que je trouve très bien, je me demande toujours pourquoi on s'entête en France à faire des cours trop courts de 1h ou trop longs de 2h)
- 12 heures de japonais. Boum. Au départ, j'étais chez les débutants, puis on m'a convaincu d'intégrer les intermédiaires. Les débutants, c'est les Rennais, qui ont eu trois heures de cours par semaine pendant trois ans, ce qui est un peu de la rigolade quand on a fait deux ans de licence de jap en LCE comme moi. Les intermédiaires, c'est un groupe de Chinois qui sont au Japon depuis un ou deux ans, donc qui maîtrisent parfaitement les caractères chinois et qui depuis le temps parlent couramment japonais à l'oral. Et moi, je suis intermédiaire entre les débutants et les intermédiaires, et ils savent pas quoi faire de moi. Il ne me reste donc plus qu'à bûcher comme une bête pendant un an....(ce qui est très drôle par contre, c'est qu'ils ont du mal à lire les kanas, c'est-à-dire ce misérable petit syllabaire de 50 caractères que l'on est censé maîtriser au bout d'une semaine de cours ! Et que j'ai un meilleur niveau de grammaire oO)
- Un cours de français en master. Normalement c'est un cours de version pour les Japonais, donc français > jap. Je me demande ce que la prof va faire avec trois pauvres Français dans son cours. Suspense...
- Un cours d'okinawaïen. Bercé par de la musique dont j'étais censé étudier les paroles, j'y ai très bien dormi. Je n'y ai rigoureusement rien appris par contre. Si quelqu'un a une méthode d'okinawaïen qui traîne dans un placard, de préférence pas en japonais, ça m'intéresse.
- Un cours avec un prof "américain" qui n'a plus vécu dans son pays d'origine depuis quelques dizaines d'années, dont j'ai totalement oublié l'intitulé, mais qui est extrêmement intéressant, sur l'acquisition d'une seconde langue, les problèmes d'acculturation, l'origine individuelle ou sociale des problèmes d'apprentissage, du style "La vitesse d'apprentissage en terre étrangère dépend-elle uniquement de la motivation ?", avec le cas des étrangers qui ont un boulot de larbin, et qui ne s'autorisent pas à parler à leur patron friqué, ce qui ne les aide pas à s'améliorer en langues, forcément.
Par ailleurs, cela m'a permis de croiser des "graduate students" (大学院生, daigakuinsei), des étudiants en master, qui n'ont pas du tout le même profil que les étudiants habituels (undergraduate). On dirait qu'il y a une frontière entre les deux, car quand j'ai demandé pourquoi il y avait si peu de graduate students (quatre dans le département d'anglais oO), c'est parce que ça servait à rien pour avoir un travail...
Et plusieurs cours avec une prof chinoise, plus ou moins en anglais, parce qu'une Chinoise qui enseigne l'anglais en japonais à un Français est bien la preuve de la réussite de la mondialisation :
- un cours sur la phonétique anglaise... miam miam...
- un cours sur la "communication non-verbale", avec une classe de Japonais qui sont absolument ravis d'avoir un Français avec eux. Plusieurs filles m'ont demandé de leur enseigner le Français, ce que je trouve trop beau pour être vrai ! Je dois faire un résumé en japonais du texte anglais, ce que je trouve d'une absurdité très surréaliste...
- un cours de master, enfin, sur l'enseignement de l'anglais, et en particulier sur l'interlangue (le système en train de se créer quand on apprend une nouvelle langue) et la fossilisation (quand une erreur d'apprentissage devient une mauvaise habitude). Bref, très chouette, et puis on sera deux pour ce cours, du moins c'est prévu. Ce qui sera mieux que cette semaine où on était un, c'est-à-dire moi tout seul face à la prof (charmante, par contre).
Avec tout ça, je ne devrais pas m'ennuyer... Je crois que je n'ai pas encore conscience que j'en ai trop pris.
Cadeau bonux 1 :

Y'a du lourd, sur le bureau de John, des Relations Internationales...
Au premier plan : des chaussettes coréennes. Il paraît que c'est un comique apprécié là-bas. Moi au premier regard, j'ai trouvé qu'il avait une tête de psychopathe, et je me suis demandé pourquoi ils avaient mis un avis de recherche sur des chaussettes. Au second regard aussi, d'ailleurs.
Ensuite, une superbe réplique de la voiture pokémon signalée précédemment. La classe ultime...
Et juste derrière, une réplique du van de John, qui n'est pas du tout sans rappeler le tacot de Little Miss Sunshine, vous remarquerez. Ce qu'il confirme en sortant une publicité pour LMS qu'il cachait sous son bureau... un bon gars ce John, définitivement !
Cadeau bonux 2 :

Nan mais TROP cool, quoi...
Un Stitch déguisé en shisa... c'est ultime. (le shisa c'est un genre de chien ou de lion qui protège les maisons du coin) Et y'a même la ugly dolly de Lilo !!
Derrière, vous pouvez voir ma magnifique serviette de bain en l'honneur de l'université (300yens), et ma couette dont je n'ai PAS choisi le motif....
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Ce jour-là l'Incurable a été particulièrement
mardi 14 octobre 2008
La bière, la bière, qu'est-ce qu'elle a fait de moi la bière ?
Par L'Incurable le mardi 14 octobre 2008, 22:06
(paroles extraites de "la Bière", des Garçons-Bouchers, super groupe de rock-punk-musette)
Pour raconter un truc où que ça bouge plus, je peux raconter ma journée de samedi. (Non ce n'est pas le bordel ma façon de raconter. En narratologie, ça s'appelle une structure narrative non-linéaire, donc ne dites pas que mon blog c'est le bordel, dites que c'est une figure de style !)
Ma journée commence donc vers trois heures de l'aprèm (en narratologie, comme ailleurs, ça s'appelle une grosse flemme), heure à laquelle je me lève plein d'entrain, où je trébuche contre un cadavre de bol de nouilles instantanées, où je m'éclate un doigt de pied sur cette p*** de marche qui mène à la salle de bain, et où je découvre que le brillant designeur de mon intérieur à moi (que je bénis chaque jour) a mis un filtre sous le trou de la bonde, comme ça les restes d'omelette de la veille décollés de la casserole, ben ils partent pas tout de suite, ils squattent encore un peu pour me délivrer leur bonne odeur au petit matin quand je prends mon bol de Nesquik (du vrai, d'ailleurs). Et après, ils squattent encore dans la poubelle, histoire que je ne les oublie pas, les restes moisis d'œufs qui étaient déjà à la limite de la péremption. Eh oui, le rêve cède toujours le pas au prosaïsme du quotidien... Mais rassurez-vous, la plage n'est jamais très loin, vous pouvez toujours me haïr !
Si je me lève si tôt, c'est que je tiens absolument à me rendre au hyakkin, c'est-à-dire au 100¥ plaza, un "tout à 100¥" qui porte bien son nom et qui l'affiche en gros sur sa devanture, ce dont je remercie la grâce, parce que savoir où on entre avant d'y être entré est un privilège qui me manque dans ce pays de sauvages. Et dans le tout à 100¥, je trouve tout, enfin tout qui vaut 100¥, qui vaut parfois plus, qui vaut souvent moins mais c'est pas grave. Je trouve des écouteurs, des baguettes, un éventail (mon achat le plus intelligent sans doute !), des gommes, toutes sortes de gommes (mais elles sont tellement choux !), une gomme électrique (vraiment), un thermomètre (qui reste bloqué sur 28°C, je comprends pas, il doit être buggé vous pensez pas ?), de la sauce soja (ça remplace le sel ici), des éponges, des nouilles, beaucoup de nouilles, une vache en plastique qui ouvre la bouche et qui fait de la lumière quand on lui appuie sur le dos (mais vous comprenez pas que c'est indispensable ???), un carnet pour noter le vocabulaire, des fiches à kanjis, des lunettes de plongée, des mentos au raisin, des enveloppes, de la barbe à papa sous plastique (il paraît qu'Amy Winehouse est accroc à la barbapapa aromatisée à la coke... c'est pour ça que j'aime internet), des saloperies de biscuit aux algues qui me rappellent le port de Cherbourg (beuargl (et c'est encore pire quand les biscuits traînent et deviennent tout mous)), des mini-lettres pour écrire mon nom sur ma porte d'entrée, des CD gravables, une règle graduée (je tiens vraiment à mesurer ce foutu placard à chaussures), et enfin, tenez-vous bien : des cure-oreille traditionnels japonais en bambou ! Le must-have quand vous vous voulez vous intégrer au Japon !
Et j'en passe et des meilleurs, si bien que je ressors avec une quarantaine d'articles. Tous indispensable. Et je n'ai pas acheté ce qu'il y avait de pire :

(cliquez pour mieux voir, et je veux dire, faites-le vraiment !)
Oui, c'est bien ce que vous pensez voir. Un faux phallus en forme de canard, et des seins gonflables. Un mélange intéressant de Patrick Sébastien et de Jean-Marie Bigard, je dirais. Avec une petite pointe de Philippe Bouvard. (Ce qui me ferait presque douter que Japan iz superior, comme j'ai appris pendant deux ans en fac de jap)
Une fois rentré dans mon antre, après avoir constaté que les bactéries contenues dans le cadavre d'omelette étaient on ne peut plus vivaces, on frappe a à ma porte pour m'inviter à un cours de danse okinawaienne, le fameux Eisa. Il s'agit en fait, du moins dans cette région de l'île, de deux danses simultanées et coordonnées : le te-odori ("danse avec les mains") des femmes, et les tambours (ôdaiko et shimedaiko, le grand et le petit tambours), dansés indifféremment par les hommes et les femmes, mais plutôt les hommes à l'origine on dirait. Kuma-chan fait du te-odori parce que, n'est-ce pas, elle a des muscles de crevette paralytique. (enfin, c'est ce qu'elle m'a dit en japonais, je ne fais que traduire) Du haut de mes 1m75 de muscles tout serrés et chargé de ma testostérone bouillonnante de virilité, je ne vais pas bien sûr me borner à gesticuler les mimines, donc j'essaye le shimedaiko, le moyen tambour, dans ce grand gymnase de l'Okinawa International University, qui me rappelle qu'on n'a pas tout à fait les mêmes moyens dans l'Educ Nat en France.
Et c'est du sport !!!
Les mouvements sont très amples, en restant très précis et rythmé (c'est de la danse quand même), on frappe du pied comme des brutes par terre à chaque fois qu'on tape dans le tambour, et au final on se défoule bien. Si bien que je prévois d'y retourner trois fois par semaine. Ça fait des années que j'ai pas fait de sport régulier, alors encouragez-moi surtout !
Si ça vous intéresse, il y a une vidéo très chouette sur la page des vidéos de ce site (choisissez la Sonda Eisa, pour voir la version que je pratique, dans la région de Okinawa-city, mais les autres vidéos sont assez jolies et colorées aussi).
Et enfin, pour me récompenser de ces efforts, j'accompagne Kuma-Chan (la danseuse), Fabien, Charlie et Sonoé dans un petit bar sympa qui fait de très bons cheese cakes. Ce qui est important quand on n'a pas mangé de la journée (忘れた... j'ai oublié...). Sonoé est partie à Rennes l'an dernier, donc elle parle un très bon français. Il y a quelque chose de très reposant dans le fait de parler français dans un endroit totalement étrangerophone. Se lever tous les matins en se disant que l'on va vivre une espèce d'énorme exercice de communication orale pendant un certain nombre d'heures, ça peut être fatigant. Oh, on s'y fait vite. Mais parfois, la terre veut retourner à la terre et le Normand à la bouse de vache. Ma langue natale, c'est un peu l'essentiel de ce qui me rattache à mon pays, comme un cordon au milieu de l'océan auquel je m'accroche quand j'étouffe dans le salmigondis des mots.¹
Pour ce qui est de la soirée elle-même, je vous renvoie à chez Fabien pour qui le prix des bières, c'est un peu comme le prix des mangas pour moi, un sujet d'angoisse permanent et un calibre efficace pour juger la qualité de vie d'un pays. (Nihon wa suge !)

Avec ma nouvelle DS (d'occasion, pas cher du tout), et mon super dico de kanji électronique, un cheese-cake très miam, et un cocktail très gloups à base d'alcool d'Okinawa, de pasoa, et de raisins. Très chic, très chouette.
A l'izakaya, une ambiance un peu différente... la bière à 100 yens coule à flot, et les sushis s'écoulent, de même que le riz cantonais ou que ce sublime mélange calamar-oignons... slurp !
Si bien que les Français perdent toute dignité...

... tandis que les Japonaises (et assimilées) restent fidèles à elles-mêmes. :)
CADEAU BONUX (spécial picole) :

Que cela soit dit, et su. Au Japon, on a du bon rouge. Et je dirais même "Wesh mon frère, bien ou bien ? tu veux mon bon rouge ou quoi ?".
(si je veux faire fortune et me marrer un coup, je pense que je vendrai aux Japonais le "Litron de Gros Rouge qui Tache" en leur faisant croire que c'est le nom d'un grand château bordelais super bien coté.)
¹ Littéralement "Okinawa" signifie "une corde au milieu de l'océan".
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